Quelle confusion dans mon esprit en ces temps! Un diplôme d'ingénieur en chimie fine et ingénierie, spécialité polymères ne suffit plus à trouver un emploi dans mon pays, en tout cas du point de vue de l'ANPE qui n'est pas très patiente. On me propose de faire une formation en informatique, histoire de faire ingénieur informaticien, comme dans la chanson. Super, un métier en pleine explosion! Mais dans un an, à la fin de ma formation, qu'en sera-t-il de ce secteur pour le moins instable (les desastrés des starts-up en savent quelque chose)? Des souvenirs me reviennent de mes études si tant tellement bien, où l'on nous faisait miroiter un avenir sans ombre, le nirvana des départs en retraite des baby-boomers comme une assurance d'une fortune glorieuse.

Comprenez alors mon hésitation, d'autant plus que mes convictions, ma morale, ne me motivent pas du tout à faire un métier certes utile pour notre économie actuelle, mais qui me paraît manquer d'ambition. Participer à l'augmentation de la volatilité de cette société me semble vain, ajouter quelqu'un de capable mais pas génial sur le marché me semble une mauvaise idée à long terme.

Le développement durable est un terme suremployé, mais le thème est une nécessité réelle. Oui j'ai vu hier "Un vérité qui dérange", documentaire témoignant de la "quête" d'Al Gore. Non je n'ai pas eu de révélation, tous les sujets et chiffres exposés sont connus de gens qui lisent les articles scientifiques, mais il faut avouer que regrouper tous ces résultats, de manière factuelle et précise, laisse une impression bien plus frappante. Oui ce documentaire est américain, mais l'importance de la prise de conscience mondiale est telle que si ce docu peut y participer, alors laissons lui le champ libre.

On s'est gargarisé lors de la diffusion du documentaire sur la carrière de notre actuel Président de la République de la santé de notre démocratie et de la liberté de nos médias. Et ce matin je lis ce blog, que je conseille d'ailleurs, ça énerve et c'est bien. En particulier ce billet, qui laisse rêveur, ou plutôt cauchemardeur.

Tout ceci accumulé me mène à deux conclusions :
1. J'ai pas envie de faire des enfants pour les laisser se dépêtrer de notre paquet de pointe.
2. J'ai pas envie de développer des logiciels pour faciliter la "communication", dont on fini par oublier la signification, j'ai pas envie de développer des logiciels pour ciblier la publicité pour un consommateur heureux, j'ai pas envie de développer des logiciels pour faire fonctionner des machines de plus en plus performantes qui noient le marché de notre sacro-sainte consommation avec des produits de moins en moins cher, nous éduquant à acheter toujours moins cher, au dépent de pays qui n'ont autre choix que reproduire nos erreurs et s'engouffrer dans notre sillage consumériste.

Je ne parle même pas de la diminution des stocks mondiaux de céréales, utilisées pour nourrir cochons vaches et voitures, à l'heure où rien n'aide les pays en voie de développement (sic) à produire leur propre nourriture. Devinez donc qui seront les premiers à ressentir le manque de nourriture.
Pas plus que je ne parlerai des problèmes de démocraties fantoches à travers le monde, au manque d'ambition ou d'enthousiasme de nos sociétés, qui ne s'occupent que de combler les manques d'hier sans se soucier de demain.

Desolée de cette pauvre tirade pseudo-politique, si j'avais le moindre talent pour ca, je ferais de la politique, mais ça ne serait pas rendre service à la cause. Juste je me demande si aujourd'hui il suffit d'éteindre la lumière du salon quand on le quitte ou prendre le bus une fois par semaine pour avoir la conscience tranquille, alors qu'on fait des projets de vacances à l'autre bout du monde avec avion au kérosène, on ne sait même plus quel légume correspond à quelle saison, et j'en passe.

Ce qui manque à l'Homme aujourd'hui c'est de la portée idéologique. Je ne suis pas de celles qui pleureraient la disparition de la race humaine, mais que cette disparition soit accompagnée d'une politique de la terre brulée me chagrine.

Conclusion: il est facile de montrer la paille du voisin, gnagnagna, mais peut être qu'à force de se montrer chacun la paille, on pourra avancer (tout du moins se partager les torts).


NB: Nico, je ne dénonce pas ton métier, tu le fais très bien, mais justement ça devrait suffire!
NB2: Comment faire comprendre tout ça à ma "coach" subventionnée par l'ANPE, dont l'objectif est de me mettre dans une case?
NB3: Certes l'industrie chimique n'est pas non plus brillante, mais peut être que j'arriverai à changer des choses à mon échelle... (c'est encore un autre sujet de dichotomie/schyzophrénie chez moi!)